Le gardon

Poisson très abondant dans nos eaux douces, le gardon rencontre un grand succès de la part de la grande majorité des pêcheurs. Plusieurs facteurs peuvent l’expliquer. En effet, c’est le poisson blanc le plus commun et le plus pullulant de nos eaux douces, faisant ainsi la joie des débutants. De plus, il est très facile à rassembler sur un poste bien amorcer. Sa pêche peu s’avérer passionnante et très subtile dans certaines conditions, ce qui en fait un adversaire de choix pour les pêcheurs de compétition. Enfin, les amateurs et les spécialistes de carnassiers le recherchent, car il constitue un excellent vif. C’est effectivement le poisson-fourrage le plus abondant pour tous les carnassiers.

Nom scientifique du gardon :
Rutilus rutilus ; famille des cyprinidés.
Noms communs ou régionaux :
blanchet, roche, rousse, vengeron…

Gardon (Rutilus rutilus) en milieu naturel
Rutilus rutilus

Caractéristiques physiques

Attention, il existe une espèce assez semblable morphologiquement au gardon : le rotengle. Voici trois indicateurs pour les différencier :

Gardon et rotengle
Les nageoires du rotengles sont aussi plus colorées que celles du gardon

Reproduction du gardon

Elle a lieu entre avril et juin selon les régions et donne parfois lieu à des rassemblements immenses sur les meilleures frayères. Ce sont donc les eaux peu profondes et herbeuses avec un petit courant qui ont ce succès. Les mâles arborent une parure de noce avec des boutons blanchâtres sur le dos et la tête. De plus, les écailles deviennent un peu rugueuses.

Habitat et niche écologique

Il occupe de préférence les couches profondes ou l’entre deux eaux des secteurs riches en végétation aquatique.
À l’exception des eaux croupissantes ou des eaux froides ou torrentueuses, le gardon sera présent dans toutes les eaux douces de notre pays. En effet, on le rencontre aussi bien dans les eaux dormantes des lacs, étangs ou canaux que dans les eaux courantes des rivières de plaine, voire même dans le cours moyen de certaines rivières à truite. Dans ces dernières, la quantité de petits crustacés lui réussit très bien, car il y atteint très souvent de belles tailles.

Comportement et nourriture

Le gardon est le modèle type du poisson grégaire. Mais comme très souvent, les bancs sont plus ou moins importants selon la taille des individus. Omnivore, il se nourrit de vers, de larves d’insectes, de mollusques, de crustacés, de débris végétaux, de quantité d’animalcules, de mousse… Il grappille tout cela sur le fond, entre deux eaux, et même à proximité de la surface.

Modes de pêche

Malgré la possibilité de le pêcher en rodant de poste en poste, le gardon est typiquement le poisson qui va se faire attirer suite à un bon coup d’amorçage. Cependant, son abondance et son éclectisme alimentaire ne garantissent pas une pêche à succès ! En effet, rien n’est joué d’avance, et c’est tout l’intérêt de la pêche de ce poisson. Un coup mal choisi, une ligne mal équilibrée, ou pas adaptée, des conditions météorologiques défavorables, peuvent conduire à rentrer bredouille.
Si l’on ne peut pas passer en revue toutes les techniques de pêche du gardon, il est intéressant de faire un point un peu général sur le sujet, et de dire quelques mots de deux d’entre elles parmi les plus subtiles.

Quelques généralités

Choix du poste de pêche

Comme nous l’avons vu plus haut, en règle générale, le gardon répond bien à l’amorçage. Cependant, il sera toujours plus intéressant de s’établir à un emplacement qu’il fréquente naturellement. Or, celui-ci change au fil des saisons ! En hiver, ce poisson se tient plutôt en zone profonde, tandis que les fortes chaleurs de l’été vont le pousser vers des secteurs plus agités et mieux oxygénés. En dehors de ces périodes, il sera préférable de choisir des profondeurs moyennes. De 2 à 3 mètres, à proximité d’herbiers aquatiques. Dans les grands lacs, qu’ils soient naturels ou artificiels, on se penchera vers des secteurs plus profond. Surtout, si l’eau est claire, on ira jusqu’à 8 voire 10 mètres de fond.

Choix de la ligne

Il est important de savoir que le gardon possède des organes tactiles et sensitifs particulièrement bien développés. C’est ce qui explique très souvent les échecs constatés lorsque des pêcheurs utilisent des lignes mal montées avec des hameçons ou des fils trop gros. Pour être bonne, une ligne à gardon doit être fine et sensible. La plombée doit être modifiable à volonté pour répondre aux différentes conditions de pêche, ainsi qu’aux humeurs changeantes du gardon.

Chois de l’esche

Grâce à son éclectisme alimentaire, le gardon accepte de nombreuses esches. Quelles soient végétales (chènevis, blé, pain, pâte, mousse, pomme de terre…) ou animales (vers de vase, asticots, fourmis ailées, larves, sang…).
Cependant, il est aussi capable de faire preuve de sélectivité certains jours. Et malgré l’adage « esches carnées l’hiver et végétales l’été », il n’est pas souvent possible d’expliquer ses choix. À chacun de se forger sa propre expérience.

Conduite de la ligne

Dans des conditions et avec du matériel identique, c’est la conduite de la ligne qui va faire toute la différence. En effet, de cette conduite dépendent la présentation et l’animation de l’esche au poisson. Ce sont les deux facteurs essentiels de la réussite avec les gardons.

Belle bourriche de gardons
Une pêche de gardon réussie

Le gardon à la pâte

On choisira de préférence une eau calme et un jour sans vent, ce qui permettra de voir l’incroyable diversité des touches ! Touches éclairs, touches profondes, imperceptible relevage du bouchon, mise en biais… Un vrai régal !

Le gardon à la graine

Cette pêche est souvent considérée par ceux qui la pratiquent comme l’une des plus techniques et des plus passionnantes qui soient. Mais contrairement à la pêche à la pâte, c’est dans les cours d’eau qu’on l’apprécie le mieux, car le travail de la ligne est bien plus vivant et bien plus intense.

Le matériel pour s’y mettre

Pas besoin d’un arsenal pour débuter la pêche du gardon au coup : une canne télescopique, quelques flotteurs fins, des hameçons de 18 à 22 et une bonne amorce suffisent. Côté amorce justement, la 3000 Gardons de Sensas est un grand classique, à mouiller la veille pour obtenir une texture régulière.

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